Une crise d’angoisse peut donner l’impression que quelque chose de grave est en train de se produire.
Le cœur s’accélère. La respiration devient difficile. Le corps se tend. Des vertiges, des tremblements ou une sensation d’oppression peuvent apparaître. Les pensées s’emballent : « Je vais faire un malaise », « Je vais perdre le contrôle », « Ça ne va jamais s’arrêter ».
À ce moment-là, chercher absolument à faire disparaître l’angoisse peut paradoxalement augmenter la lutte contre ce que l’on ressent.
L’objectif peut être différent : aider progressivement le corps et le cerveau à traverser ce pic d’activation.
1. Comprendre ce qui se passe dans le corps
Pendant une crise d’angoisse, le système d’alarme de l’organisme s’active fortement.
Le cerveau interprète une situation, une pensée ou une sensation corporelle comme une menace. Le corps se prépare alors à réagir : accélération du rythme cardiaque, modification de la respiration, tensions musculaires, vigilance accrue.
Ces sensations peuvent elles-mêmes devenir inquiétantes.
On peut alors entrer dans un cercle :
Je ressens une sensation → je m’en inquiète → mon anxiété augmente → les sensations augmentent → je m’inquiète encore davantage.
Comprendre ce mécanisme permet déjà de commencer à changer la manière dont on traverse la crise.
2. Revenir à son environnement
Lorsque l’angoisse monte, l’attention se focalise souvent sur ce qui se passe à l’intérieur : le cœur, la respiration, les pensées, les sensations.
Une première possibilité consiste à réorienter volontairement son attention vers l’extérieur.
Regardez autour de vous.
Repérez par exemple :
- 5 choses que vous pouvez voir ;
- 4 choses que vous pouvez toucher ;
- 3 sons que vous pouvez entendre ;
- 2 odeurs ;
- 1 sensation corporelle que vous pouvez simplement observer.
Il ne s’agit pas de supprimer l’angoisse, mais de rappeler progressivement au cerveau qu'il existe aussi un environnement autour de cette sensation.
3. Retrouver des points d’appui
Pendant une crise, nous pouvons avoir l’impression de ne plus contrôler notre corps.
Essayez simplement de sentir les points de contact avec ce qui vous soutient.
Les pieds contre le sol.
Le dos contre une chaise.
Les mains posées sur les cuisses.
Puis exercez doucement une pression des pieds dans le sol pendant quelques secondes avant de relâcher.
Revenir aux appuis permet de revenir progressivement au présent.
4. Ne pas chercher à prendre de grandes inspirations
Lorsque nous avons peur de manquer d'air, notre premier réflexe peut être de respirer davantage ou très profondément.
Mais respirer trop vite ou trop fortement peut accentuer certaines sensations liées à l'hyperventilation.
Essayez plutôt de laisser l'expiration devenir tranquillement un peu plus longue, sans forcer.
Par exemple :
inspirer doucement → expirer lentement → laisser venir la respiration suivante.
L'objectif n'est pas de réussir une technique parfaitement. C'est de donner progressivement au corps des conditions favorables à un retour au calme.
5. Modifier ce que l’on se dit
Pendant le pic, les pensées peuvent amplifier la peur :
« Je ne vais pas y arriver. »
« Je vais perdre connaissance. »
« Il faut absolument que ça s'arrête. »
Essayez de remplacer la lutte par une phrase plus descriptive :
« Mon système d'alarme est très activé en ce moment. »
Ou :
« C'est très inconfortable. Je peux laisser cette vague monter puis redescendre. »
L’objectif n’est pas de se convaincre que tout va bien. Il s’agit de ne pas ajouter une seconde couche de peur à l’angoisse déjà présente.
6. Après la crise : comprendre plutôt que simplement oublier
Une fois la crise passée, nous avons souvent envie de ne plus y penser.
Pourtant, revenir dessus à distance peut être utile.
Vous pouvez vous demander :
Que se passait-il avant ?
Qu’ai-je ressenti en premier ?
Quelle pensée m’a traversé ?
Qu’ai-je fait pour essayer de me rassurer ou de fuir ?
Qu’est-ce qui m’a aidé, même légèrement ?
Petit à petit, la crise devient moins imprévisible.
Vous commencez à reconnaître votre propre fonctionnement anxieux.
Le véritable travail commence parfois entre les crises
Apprendre à traverser une crise d’angoisse est important.
Mais lorsque les crises se répètent, le travail ne consiste pas seulement à apprendre une technique de respiration.
Il peut être utile de comprendre les déclencheurs, le fonctionnement du système d’alarme, les pensées qui entretiennent l’anxiété, les évitements, la relation aux sensations corporelles et les habitudes qui renforcent progressivement la peur.
L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir d’anxiété, mais de ne plus organiser sa vie autour de la peur qu’elle revienne.
Les parcours ARIA sont des ressources psychoéducatives et ne remplacent pas une consultation médicale ou psychologique. En cas de symptômes nouveaux, inhabituels, particulièrement intenses ou faisant craindre un problème médical, demandez un avis médical.



