Il arrive que nous soyons fatigués sans réellement comprendre pourquoi. Nous avons pourtant dormi. Nous n'avons pas nécessairement fourni d'effort physique important. Et malgré cela, tout semble demander plus d'énergie.

Répondre à un message, prendre une décision, se concentrer, organiser sa journée, écouter quelqu'un… Parfois même choisir ce que nous allons manger devient compliqué.

Nous pouvons alors nous demander : « Pourquoi suis-je aussi fatigué alors que je n'ai rien fait de particulier ? »

Parce que nous oublions parfois une forme de fatigue moins visible : la fatigue mentale.

 

COMPRENDRE

Notre cerveau est constamment sollicité. Il traite des informations, prend des décisions, anticipe, mémorise, organise, régule nos émotions et adapte nos comportements à ce qui se passe autour de nous.

À cela peuvent s'ajouter les préoccupations quotidiennes : le travail, la famille, les relations, les responsabilités, les notifications, les informations que nous recevons en permanence, les choses auxquelles nous devons penser et celles que nous avons peur d'oublier.

Même lorsque notre corps s'arrête, notre esprit peut continuer à fonctionner. Nous pouvons être assis sur notre canapé tout en pensant à la journée du lendemain, à une conversation passée, à un problème professionnel, aux courses à faire et au message auquel nous n'avons toujours pas répondu.

Ne rien faire physiquement ne signifie donc pas nécessairement être au repos mentalement.

Quand tout commence à demander un effort

L'épuisement mental ne se manifeste pas toujours par une grande fatigue soudaine. Il peut s'installer progressivement.

Nous pouvons avoir davantage de difficultés à nous concentrer, oublier certaines choses, devenir plus irritables, avoir du mal à prendre des décisions ou ressentir une impression de saturation. Des tâches habituellement simples peuvent sembler beaucoup plus lourdes.

Nous pouvons également ressentir le besoin de nous isoler, avoir moins de patience ou avoir l'impression que notre cerveau est constamment « plein ».

Et paradoxalement, lorsque nous commençons à nous sentir dépassés, nous essayons parfois d'en faire encore davantage. Nous accélérons, nous organisons davantage, nous faisons des listes et nous essayons de rattraper ce que nous n'avons pas réussi à faire.

Notre réponse à la saturation devient alors parfois… encore plus de sollicitations.

 

Pourquoi est-il parfois si difficile de ralentir ?

Ralentir peut sembler simple en théorie. Mais dans notre quotidien, cela peut être beaucoup plus compliqué.

Nous pouvons avoir appris à associer notre valeur à ce que nous faisons, à notre efficacité ou à notre capacité à gérer. S'arrêter peut alors provoquer de la culpabilité : « Je devrais faire quelque chose », « Je perds mon temps », « Je ferai une pause lorsque j'aurai terminé ».

Le problème est que tout n'est jamais réellement terminé. Il reste toujours un message, une tâche, une responsabilité ou quelque chose à anticiper.

Nous attendons alors parfois d'être complètement épuisés pour nous autoriser enfin à ralentir.

 

OBSERVER

Avant de chercher immédiatement comment retrouver de l'énergie, prenez un moment pour observer ce qui se passe. Comment vous sentez-vous réellement ces derniers temps ? Pas seulement physiquement, mais mentalement.

Votre esprit est-il souvent occupé ? Avez-vous l'impression de devoir penser à plusieurs choses simultanément ? Certaines pensées reviennent-elles régulièrement ? Vous sentez-vous disponible lorsque vous vous arrêtez ou votre tête continue-t-elle à fonctionner ?

Ne cherchez pas immédiatement à établir la liste de tout ce qui ne va pas. Laissez simplement émerger ce qui vient : une sensation de saturation, une tension dans le corps, une envie de silence, une difficulté à vous concentrer… Peut-être même rien de très précis.

Il est normal de ne pas savoir immédiatement ce qui nous épuise. Nous pouvons ressentir que quelque chose est devenu trop lourd sans encore réussir à identifier exactement quoi.

Observer, c'est accepter ce moment de flou sans chercher immédiatement à le remplir par une explication ou une solution. Parfois, lorsque nous nous autorisons simplement à regarder ce qui est présent, certains besoins commencent progressivement à apparaître.

 

EXPÉRIMENTER

Lorsque nous nous sentons mentalement épuisés, nous pouvons être tentés de rester immobiles tout en continuant à faire défiler des informations sur notre téléphone, regarder des vidéos ou penser à tout ce que nous devons encore accomplir.

Notre corps est arrêté, mais notre cerveau continue à recevoir des stimulations.

Essayez aujourd'hui une véritable coupure, même très courte. Pendant dix minutes, éloignez-vous des écrans et mettez doucement votre corps en mouvement. Marchez dehors, étirez-vous, prenez l'air ou faites quelques mouvements simples. Portez votre attention sur vos pas, votre respiration, les sons autour de vous ou la température sur votre peau.

Il ne s'agit pas de faire du sport ni d'ajouter une nouvelle tâche à votre journée. Il s'agit simplement de changer de mouvement : quitter momentanément celui des sollicitations, des pensées et des obligations pour revenir vers celui du corps et de l'expérience présente.

Puis demandez-vous simplement : « De quoi ai-je besoin de moins aujourd'hui ? »

Pas ce que vous devriez faire davantage, mais ce dont vous pourriez avoir besoin de moins. Moins de bruit ? Moins d'écran ? Moins de décisions ? Moins de sollicitations ? Moins d'exigence envers vous-même ?

Vous n'avez pas besoin de trouver immédiatement une grande solution. Parfois, enlever une seule sollicitation est déjà une expérimentation.

 

Ralentir ne signifie pas tout arrêter

Prendre soin de notre énergie mentale ne signifie pas abandonner nos responsabilités ni passer nos journées à ne rien faire. Il s'agit plutôt d'apprendre à reconnaître plus tôt les moments où notre fonctionnement commence à saturer.

Nous avons souvent tendance à attendre que notre corps ou notre esprit nous impose l'arrêt. Pourtant, ralentir peut aussi être un mouvement volontaire : faire une chose à la fois, marcher quelques minutes, reporter ce qui peut attendre, créer un moment sans stimulation, accepter de ne pas être constamment productif ou retrouver progressivement des espaces où notre attention n'a rien à résoudre.

Le repos n'est pas uniquement l'absence d'activité. Il peut aussi être l'absence momentanée de sollicitations.

À RETENIR

L'épuisement mental ne vient pas uniquement de ce que nous faisons. Il peut également être alimenté par tout ce que nous anticipons, organisons, contrôlons et gardons constamment présent dans notre esprit.

Nous pouvons donc avoir l'impression de nous reposer alors que notre mental, lui, ne s'arrête jamais réellement.

Apprendre à reconnaître cette fatigue commence parfois simplement par observer ce qui est présent, sans chercher immédiatement à le résoudre. Puis expérimenter : créer un peu moins de sollicitations, revenir au corps, remettre du mouvement et progressivement apprendre à respecter nos limites avant que l'épuisement nous oblige à nous arrêter.

C'est cette démarche que nous explorons dans le parcours Épuisement mental d'ARIA : mieux comprendre ce qui mobilise notre énergie, observer notre propre fonctionnement et expérimenter progressivement des changements concrets dans notre quotidien.

Parce que ralentir n'est pas nécessairement arrêter d'avancer. C'est parfois ce qui nous permet de continuer autrement.

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